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Studia Politica, vol. VIII, no. 1, 2008

Actes du Colloque
L’influence belge en Roumanie et en Bulgarie
(XIXe-XXe siècles)
30 novembre-2 décembre 2006
Institut de Recherches Politiques

Édités par Daniel Sotiaux


CRISTIAN PREDA, L’influence belge, hier et aujourd’hui, p. 9.

LE MODÈLE BELGE

CHARLES-ÉTIENNE LAGASSE, Le modèle constitutionnel belge, pp. 13-14.
Abstract
Dans cette intervention, l’auteur rappelle la dialectique de l’histoire institutionnelle de la Belgique entre 1831 et 2006 et la montée de l’antagonisme entre les peuples qui la constituent. Il met en lumière les racines de ce «mal congénital» de l’État belge et décrit le passage progressif d’un modèle unitaire, vers un fédéralisme unique au monde. Le modèle belge n’est pas transposable tel quel. Mais plusieurs de ses principes le sont. La Belgique est en effet confrontée à une question existentielle que connaissent de nombreux États: comment faire cohabiter harmonieusement dans un même espace politique des peuples différents? Quel statut accorder aux minorités?

JEAN-FRANÇOIS CROMBOIS, L’influence de la Constitution belge de 1831 sur la Constitution bulgare de 1879. État de la question, pp. 15-20.
Abstract
Cet article tente de cerner les contours de l’influence, réelle ou supposée, de la Constitution belge de 1831 sur la Constitution bulgare dite de «Turnovo» de 1879. À ce titre, cet article souligne que, si le texte fondamental belge était connu des constituants bulgares, son influence sur le texte bulgare fut limitée. Ainsi, deux éléments essentiels du texte belge, l’un concernant les limites apposées au pouvoir du roi et l’autre relatif à la création d’une seconde Chambre sous la forme d’un Sénat, sont absents du texte bulgare. Leur absence résulte d’une part, d’un certain aveuglement des constituants radicaux bulgares et, d’autre part, des enjeux politiques propres à la situation du pays au moment de la rédaction de la Constitution de 1879.

IOAN STANOMIR, 1866: imagination constitutionnelle et modération politique en Roumanie, pp. 21-26.
Abstract
Le but de l’article c’est celui d’examiner la manière dans laquelle les débats de l’Assemblée constituante de 1866 ont formulé quelques thèmes fondamentaux de la pensée politique roumaine. Dans l’économie de l’imaginaire constitutionnel, la mémoire de l’année 1866 occupe une place privilégiée. Cet article ouvre un débat sur la relevance du travail constitutionnel que ’on retrouve dans ces documents.

SILVIA MARTON, «La Belgique de l’Orient» et les chemins de fer: les raisons d’une comparaison. La construction politique de l'État-nation dans le Parlement roumain (1866-1871), pp. 27-44.
Abstract
Dans les débats parlementaires roumains de la seconde moitié du XIXe siècle, la Belgique joue un rôle très intéressant, moins comme élément central de la comparaison: sur ce terrain, la France, «sœur latine», et l’Angleterre, «mère» du constitutionnalisme, peuvent difficilement être contestées. La Belgique représente surtout un modèle important pour la Roumanie dans ses essais de développement et de modernisation, en un mot, d’occidentalisation. Cette contribution examine les raisons de la comparaison avec la Belgique dans un dossier de développement institutionnel majeur, à savoir le réseau des chemins de fer. La Belgique est un des instruments les plus utiles dans les arguments des députés roumains afin de soutenir leurs différentes positions sur la construction des chemins de fer. La comparaison avec la Belgique aide les parlementaires à donner expression à l’héritage saint-simonien, le plus souvent mâtiné de positivisme, qui fait figure d’«idéologie d’accompagnement» de l’aménagement territorial et urbain pendant la seconde moitié du XIXe siècle roumain.

ÉCHANGES D’HIER

IDESBALD GODDEERIS, Les relations entre la Belgique et la Roumanie, 1859-1939(-1989), pp. 47-55.
Abstract
Cet article donne un aperçu des contacts entre la Roumanie et la Belgique entre 1859 et 1939, mais avec des considérations sur la Guerre Froide. Elle commence par l’historiographie, en montrant qu’une collaboration intense s’était déjà développée dans les années septante. Après, c’étaient surtout des historiens roumains qui continuaient les recherches. Comme ils ont surtout analysé les contacts politiques et culturels, cet article se concentre sur les relations économiques. Avant 1914, les investisseurs belges étaient actifs dans plusieurs domaines, comme l’industrie métallurgique, les chemins de fer, l’électricité et le pétrole, mais ce n’est que dans la sucrerie roumaine où la place des Belges fut prépondérante. En ce qui concerne le commerce, une grande partie de l’exportation roumaine était destinée à la Belgique (50% dans les années 1900-1903 et 30% dans les années 1904-1909), mais Anvers était en premier lieu un port de transit. Après la guerre, les relations économiques entre la Belgique et la Roumanie furent rapidement ré-initiées, mais les capitaux belges étaient souvent incommodés par la nationalisation. De l’autre côté, l’industrie électrique roumaine attirait de nouveaux investissements de capitaux belges vers la fin des années vingt. Pendant la Guerre Froide, les relations prenaient un visage complètement différent: non plus économique, industriel ou commercial, mais politique, sportif et culturel.

ALEXANDRE KOSTOV, La Belgique et la formation des élites bulgares (1879-1914), pp. 57-63.
Abstract
La formation des jeunes Bulgares en Belgique était parmi les traits les plus remarquables dans les rapports bilatéraux pendant la période étudiée. L’orientation des jeunes Bulgares vers la Belgique ainsi que le choix des écoles et des universités belges étaient déterminés par l’action des nombreux facteurs qui étaient liés à la situation dans leur pays d’origine ainsi qu’aux conditions existantes dans le pays d’accueil. La Belgique, pendant la période étudiée, était en état de «proposer» une offre très attrayante dans ce domaine lié au système d’éducation moderne et pragmatique construit sur la base des meilleurs acquis européens dans ce domaine. En absence d’une école d’ingénieurs locale, les Bulgares étaient attirés par les écoles techniques étrangères et la Belgique était l’un des pays les plus préférés. Une comparaison nationale montre un fait remarquable que pendant la période avant 1914, environ un tiers des ingénieurs bulgares faisaient leurs études dans des écoles belges. Nombreux sont les spécialistes de commerce et d’économie qui terminaient leurs études en Belgique. Ce pays, et l’Institut supérieur de commerce à Anvers, en particulier, a la plus grande contribution dans la formation des spécialistes commerciaux bulgares pendant la période avant la Première Guerre mondiale. Après les relations dans le domaine de l’économie, la formation de jeunes Bulgares en Belgique est le second volet des rapports bilatéraux qui se développe d’une manière remarquable pendant la période examinée. Grand est le nombre des Bulgares qui ont obtenu des diplômes en Belgique et ceci dans presque toutes les disciplines. La Belgique jouait sans doute un rôle considérable à la formation des élites politiques, économiques, techniques et militaires bulgares à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

MARINELA PETROVA, Échanges culturels et linguistiques entre la Belgique et la Bulgarie de la fin du XIXe siècle à nos jours, pp. 65-72.
Abstract
À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, suite aux intenses rapports politiques et économiques entre la Belgique et la Bulgarie, les échanges dans le domaine culturel et linguistique se développent respectivement. La présente étude constitue une tentative de recensement des traductions des lettres belges de langue française parues en Bulgarie. Elle est construite d’après plusieurs indices: par ordre chronologique des éditions et suivant les genres, les mouvements et les auteurs les plus représentés. Le tout est fait à la base des conditions de développement du pays et plus précisément suivant les caractéristiques de la littérature bulgare et de ses besoins au cours de l’époque étudiée. Elle démontre l’augmentation considérable des publications dans le domaine des sciences sociales, de la philosophie, de l’histoire et de l’économie. Les ouvrages scientifiques et la littérature de vulgarisation scientifique suivent aussi une courbe ascendante. C’est les belles-lettres qui occupent la place la plus importante parmi les traductions éditées, des ouvrages destinés aux adultes, ainsi qu’aux enfants et aux adolescents. Les œuvres classiques de la littérature belge sont largement diffusées. Le mérite de ces acquisitions culturelles n’est pas au niveau quantitatif mais par la qualité du choix des œuvres et la qualité de leurs traductions. Leur rôle consiste surtout dans le message qu’ils portent au cours des processus historiques, politiques et sociaux que vivait le peuple bulgare.

L’IMAGE DE L’AUTRE

LAURENȚIU VLAD, Quelques moments d’une histoire de la propagande. La Roumanie aux expositions universelles ou internationales d’Anvers, Bruxelles, Liège et Gand, 1894-1935, pp. 75-84.
Abstract
L’étude porte sur la participation de la Roumanie aux expositions universelles et internationales d’Anvers (1894), Bruxelles (1897, 1935), Liège (1905) et Gand (1913). Dans ce contexte nous avons reconstitué une histoire des images de l’identité de propagande roumaine à partir des discours officiels et des données statistiques. Dès les expositions d’Anvers (1894) et de Bruxelles (1897), la Roumanie apparaissait comme un pays avec des performances notables dans les domaines du génie civil, de l’agriculture et de l’industrie ménagère traditionnelle. Avec l’exposition de Liège (1905), le discours de propagande de Bucarest acquérait de nouvelles significations par l’insistance avec laquelle étaient présentées les perspectives de l’industrie pétrolière en Roumanie. À Gand (1913), les officiels roumains ont, pour la première fois, présenté à leurs hôtes l’image d’une société en évolution. Le discours de propagande systématique de 1935, y ajouta toute une série de nuances liées à l’excellence de l’art roumain contemporain, à la valeur de l’art traditionnel, au pittoresque du paysage et à la diversification du secteur économique. Il est évident que l’image qui prenait ainsi forme était celle d’une «Belgique de l’Orient» – une image qui, en 1935, datait déjà de plus de quatre-vingts ans. Les affinités entre Belges et Roumains remontaient à plusieurs siècles, à en croire le Commissaire général de la Roumanie à l’exposition de Bruxelles (1935), qui insistait sur les destinées historiques de défenseurs de la foi chrétienne qu’avaient incarnées jadis Godefroy de Bouillon et Étienne le Grand. À cet argument vinrent s’ajouter les expériences semblables que les deux maisons souveraines, apparentées dès le XIXe siècle, vécurent pendant la Première Guerre mondiale, ou l’importance des relations culturelles, diplomatiques et économiques entre les deux pays – l’ensemble contribuant à constituer un imaginaire commun des Belges et des Roumains.

ANNA KRASTEVA, Politiques migratoires. Expériences belges et défis bulgares, pp. 91-96.
Abstract
La migration est une entrée privilégiée dans l’étude des influences car permettant un passage des perceptions aux liens directs, des échanges symboliques aux échanges concrets. L’émigration est «le vote par les pieds» et exprime le choix des citoyens. La comparaison entre les cas belge et bulgare sera articulée en trois problématiques: la migration; l’institutionnalisation de la politique migratoire; les discours politiques. La Belgique reste une destination favorite au trafic – l’immigration contribue à la criminalité pas seulement au travail. L’extrême droite en Belgique est une de celle qui inspire les opportunistes politiques en Bulgarie comment instrumentaliser l’immigration. Le modèle belge de recherche des migrations – caractère interdisciplinaire, octroi de fonds considérables à la fois privés et publics, coopération inter-universitaire – est loin d’être repris par les instances responsables de la recherche en Bulgarie. Si la Bulgarie reste encore exportatrice de migration, elle commence déjà à attirer une immigration de l’UE-15, aujourd’hui de Grande Bretagne, demain – d’autres pays aussi. Plus important encore, le vivre ensemble dans l’espace européen va modifier le type même de migration qui sera moins installation définitive que mobilité. Et mobilité rime avec échange, réciprocité, dialogue.

PETIA GUEORGUIEVA, Les images de la Belgique à travers la presse écrite bulgare, pp. 97-103.
Abstract
Quelles sont les images de la Belgique en Bulgarie? L’article explore les images de la Belgique dans la presse écrite, qui est une des principales sources qui forment les stéréotypes et les opinions des citoyens. Dans nombre d’articles consacrés à la Belgique, les Bulgares cherchent à se regarder comme dans un miroir et à se comparer. La Belgique et la Bulgarie sont toutes les deux des pays de petite taille. Elles sont toutes les deux membres de l’Union européenne – la première est parmi ses fondateurs, la deuxième a adhéré dernièrement. La première a influencé au fil de plus d’un siècle, directement ou indirectement, les institutions, l’économie et la culture de la seconde. La Belgique apporte en Bulgarie le boom économique au XIXe siècle. La Belgique est pour la Bulgarie un exemple de démocratie. La Belgique est des pays les plus riches indépendamment de sa petite taille. L’image la plus répandue de la Belgique c’est Bruxelles – la capitale européenne. Mais la Belgique est aussi un pays qui connait des rapports difficiles entre les Wallons et les Flamands. Les images belges dans la presse bulgare sont liées à la bière, aux arts et à la culture. Bref: «pleine d’argent, de bière, de chocolat, d’arts et de bureaucratie, la Belgique est un pays calme et prospère».

L’ESPACE POLITIQUE POSTCOMMUNISTE

ANTONY TODOROV, Des étiquettes aux idées. Influences belges sur la démocratisation postcommuniste en Bulgarie, pp. 107-112.
Abstract
L’article examine les effets de l’occidentalisation/modernisation en Bulgarie et les influences belges dans ce processus. Les choix des étiquettes partisanes après l’indépendance en 1878 et après la chute du communisme en 1989 précèdent les choix de l’identité politique des partis. Pendant la transition postcommuniste cette construction des identités partisanes se réalise en trois voies majeures: prise de distance par rapport au passé (ce fut le cas de l’ex PC); reprise et retour aux origines et aux références historiques (le cas des agrariens bulgares); emprunts directs du paysage politique européen (le cas des verts).

GAUTIER PIROTTE, L’influence belge sur la constitution d’une société civile en Roumanie postcommuniste. Une réflexion à partir de l’expérience de l’Opération Villages Roumains, pp. 113-119.
Abstract
Cet article est consacré à une influence singulière et multiforme qui a débuté au cours de la dernière année du règne du «Conducãtor» Nicolae Ceausescu et se poursuit encore aujourd’hui, certes sans bénéficier de la même considération médiatique: l’Opération Villages Roumains (OVR). L’auteur envisage ici l’évolution de cette expérience, de ses activités, de ses acteurs et de son identité, en illustrant la trajectoire d’une organisation d’abord soucieuse de cristalliser la réprobation occidentale au régime communiste de Roumanie (et particulièrement au plan de systématisation) qui fut par la suite réinventée comme mouvement populaire d’aide humanitaire au début des années ’90, avant de se décliner aujourd’hui comme organisation de coopération au développement local.

ENSEMBLE DANS L’UNION EUROPÉENNE

Table ronde animée par: DANIEL SOTIAUX, CRISTIAN PREDA, JEAN-MICHEL DE WAELE
Participants: DANIEL BARBU, IOANA BOTH, JEAN-FRANÇOIS CROMBOIS, PETIA GUEORGUIEVA, ANNA KRASTEVA, CHARLES-ÉTIENNE LAGASSE, ALINA LEDEANU, ANTONY TODOROV, pp. 123-144.

SUBSIDIA

DANIEL BARBU, La Cité des Ro(u)mains. Un projet roumain de constitution imprimé à Bruxelles en 1857 [EMANOIL CHINEZU, Constituþiunea Romaniei reintegratã, sau schiþã pentru o constituþiune în Romania], pp. 147-188.
Abstract 
Constituțiunea Romaniei reintegratã, sau schiță pentru o constituțiune în Romania (La Constitution de la Roumanie réintégrée, ou esquisse pour une constitution en Roumanie) est un petit volume publié en 1857 à Bruxelles par Emanoil Chinezu, juriste et homme politique libéral radical, participant à la révolution de 1848, ensuite plusieurs fois député et élu local. Le livre, pratiquement inconnu par l’historiographie du droit et de la modernisation roumaine, fait l’objet d’une édition critique. Le texte, imprimé en alphabète de transition (quelques lettres latines insérées de manière non systématique et souvent aléatoire parmi les graphèmes cyrilliques), a été transcrit selon la méthode phonétique interprétative en conformité avec les règles orthographiques actuelles de la langue roumaine.

ANDREI NICULESCU, Andrei Rãdulescu, la Belgique et le constitutionnalisme roumain [ANDREI RADULESCU, L’influence belge sur le droit roumain], pp. 189-206.
Abstract
Personnalité marquante de la culture roumaine, Andrei Rãdulescu (1880-1959) a suivi les cours de la Faculté de Droit et de la Faculté de Lettres et Philosophie de l’Université de Bucarest. Il a complété ensuite ses études juridiques par son doctorat en droit obtenu «avec grande distinction» à l’Université de Liège. En qualité de magistrat il a eu une importante contribution aux travaux de la Commission pour l’unification législative ultérieure à l’Union de 1918, ainsi qu’à l’élaboration des diverses lois et règlements. Après avoir rempli plusieurs fonctions dans l’Académie, en 1946, A. Rãdulescu est élu président de l’Académie roumaine. Il détiendra cette fonction jusqu’au 10 juin 1948 quand le régime communiste réorganisera l’Académie sous le nom de l’Académie de la République Populaire Roumaine. Rãdulescu a fait part du Comité provisoire de la nouvelle Académie et sera nommé membre titulaire actif de la Section des sciences historiques, philosophiques et économico-juridiques. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le droit roumain et sur le droit comparé. Sous sa direction on a édité une série de textes fondamentaux concernant le droit roumain ancien. Le texte présenté dans ce numéro a constitué l’objet d’une communication faite à l’Académie roumaine le 13 février 1932. La version française a été publiée ensuite dans le Journal des Tribunaux, no. 3289, du 15 mai 1932, et est sortie en tirage à part la même année à Bruxelles chez l’Imprimerie A. Pruvez. Jusqu’en 1848 les éléments plus modérés qui désiraient des réformes plus libérales, mais dans la forme monarchique, ont été attirés vers la Belgique. Les idées acquises sur la Belgique, par rapport aux revendications politiques et sociales, ont sûrement contribué à la formation des idéaux de la génération de 1848. Dès 1857 on a traduit en Moldavie la Constitution belge, la loi électorale et la loi de l’organisation judiciaire. Après l’Union des Principautés, l’influence belge se remarque plus encore, surtout dans le besoin de réaliser l’union législative. Le droit belge a joué son rôle dans l’élaboration de plusieurs lois: la loi pour l’organisation de la Cour de Cassation (1861), la loi sur la presse (1862), la loi communale et départementale etc. Dans les codes civils d’après 1860 la plus grande partie de notre législation hypothécaire est d’origine belge. L’influence belge s’est produite cependant d’une manière plus forte sur le terrain du droit constitutionnel. La Constitution belge a été connue, lue, discutée e suivie dans les projets qui s’élaboraient parce qu’elle était une des plus avancées. Dans le projet de Constitution de 1863, initié par le prince Cuza, on reconnaît certaines dispositions de la Constitution belge. La Constitution de 1866 est inspirée en grande partie de celle de la Belgique en sa rédaction de 1831. L’adoption de la Constitution belge en 1866 a eu une influence considérable sur le développement de la consolidation de l’État roumain. À la fin de la Première Guerre mondiale on a fait la nouvelle Constitution, publiée le 29 mars 1923, qui représente un progrès remarquable par rapport aux constitutions antérieures. Cette Constitution a suivi de près les articles de la Constitution belge, de sorte que par son application durant tant d’années on peut dire que le texte constitutionnel belge s’est «nationalisé». La doctrine et la jurisprudence belges ont eu aussi une influence décisive en matière hypothécaire.

JEAN-MICHEL DE WAELE, Conclusions, pp. 207-208.